ALAIN SAULNIER DEVANT LE SÉNAT

alain saulnier

Au Sénat, le comité permanent des transports et des communications a repris la semaine dernière son examen des défis que doit relever la Société Radio-Canada en matière d’évolution du milieu de la radiodiffusion et des communications, avec le témoignage de l’ex-directeur général de l’information à la SRC, Alain Saulnier.

Celui qui est maintenant professeur de journalisme à l’Université de Montréal a réclamé un financement stable et suffisant pour le diffuseur public. Il a rappelé que la Société Radio-Canada doit composer avec un changement technologique incontournable la mettant en concurrence avec des médias de partout dans le monde et a pressé le gouvernement de lui venir en aide.

« Il est urgent d’opérer un virage majeur, car si on ne l’aide pas, il y a peu de chances que la Société ait les moyens suffisants de maintenir sa place et sa crédibilité dans le nouvel environnement numérique en constante mutation. », a averti Alain Saulnier.

L’auteur du livre « Ici était Radio-Canada » a de plus insisté pour que ce financement soit accordé sur un horizon de cinq ans, afin de permettre à Radio-Canada de planifier son virage numérique sans avoir à sacrifier ses services actuels :

« Pendant que l’on produit de nouveaux contenus, plus adaptés aux nouveaux médias, il faut continuer à faire de la bonne télévision et de la bonne radio. Il ne faut pas passer de tout l’un, à tout l’autre. Les médias traditionnels ne sont pas morts, loin de là. »

En réponse à un sénateur qui remettait en question la nécessité d’investir chaque année un milliard de dollars dans le diffuseur public, Alain Saulnier a parlé de l’importance de Radio-Canada pour les francophones, particulièrement pour ceux quI vivent à l’extérieur du Québec :

«Dans les régions moins peuplées du pays, qui sont par définition des marchés moins rentables pour les diffuseurs privés, l’information locale – tous médias confondus – serait anémique sans Radio-Canada et j’ajouterai, pour les francophones hors Québec, c’est vital! »

Il a également livré un vibrant plaidoyer pour un diffuseur public indépendant, allant même jusqu’à comparer son impact à celui que l’école peut avoir sur l’esprit critique de la population. Pour garantir cette indépendance, Alain Saulnier a demandé à ce que les critères pour la nomination du PDG et des membres du conseil d’administration de Radio-Canada soient inscrits dans la Loi afin que l’on s’assure que des gens compétents sont à la barre de la SRC.

La Maison de Radio-Canada livrée sur un plateau d’argent

Vign_Tour_MRC_ws1029319526Nous avons appris aujourd’hui qu’un seul consortium soumissionnera pour l’achat de la Maison de Radio-Canada. En effet, un autre consortium qui s’était qualifié pour le projet de partenariat public-privé (PPP) vient de se retirer. Alors que le processus de qualification avait retenu trois consortiums et que la direction de Radio-Canada avait garanti une forte concurrence, il ne reste maintenant plus qu’un seul joueur en lice.

Pendant que la direction de Radio-Canada se fait rassurante sur le fait que le consortium Partenaires du développement de la Maison (PDM) s’est retiré «sur une base volontaire, pour des motifs propres au consortium et ses membres», en réalité c’est tout le contraire. Stéphane Baillargeon dévoile dans son article du Devoir que le consortium formé autour de Broccolini Constructions a jugé que le projet de la nouvelle MRC n’était plus assez rentable à cause de la réduction de taille importante de CBC/Radio-Canada, causée principalement par les coupures de personnel et de projets.L’équipe formée autour de Broccolini Constructions juge que ce projet ne peut plus être assez rentable notamment parce que la nouvelle permanence de CBC/RC a été beaucoup réduite en taille au fur et à mesure des compressions de personnel et de besoins actuelles et projetées. […]

Le retrait de l’autre constructeur majeur est confirmé dans une lettre datée du 12 janvier, estampillée «stricly confidential» et envoyée par le vice-président principal de Broccolini à une haute gradée de Radio-Canada. «Nous regrettons de vous informer qu’étant donné la position de CBC/Radio-Canada, nous nous retirons maintenant du processus de sélection de la compétition». -écritStéphane Baillargeon dans Le Devoir.Après le retrait du consortium auquel participait SNC-Lavalin, c’est maintenant celui de Broccolini Constructions qui se retire du processus, laissant seul le consortium piloté par Busac. Cette entreprise, qui a été «au centre du fiasco de l’Îlot Voyageur de l’UQAM» selon le quotidien, n’aura donc aucune concurrence et pourra soumissionner comme bon lui semblera.

«On s’apprête à vendre la Maison de Radio-Canada à un consortium sans que celui-ci n’ait eu de concurrence! C’est un non-sens pour un service public et Radio-Canada devrait mettre un terme à tout ce processus» -a dénoncé Michel Labrie, président du STARF-SCFP 5757.

Les dirigeants de la Société Radio-Canada n’ont jamais été en mesure de démontrer, chiffres à l’appui, pourquoi ils voulaient vendre ses actifs au privé. De notre point de vue, c’est une décision idéologique qui ne fait pas de sens. Hubert T. Lacroix doit se réveiller et défendre Radio-Canada une bonne fois pour toutes !

Une des caractéristiques des PPP, c’est qu’ils limitent la concurrence. Dans ce cas-ci, elle a tout simplement été éliminée. Le processus opaque du PPP de la Maison de Radio-Canada fait craindre le pire, on estime qu’une gestion publique des actifs immobiliers de la société d’État serait l’idéal.

Malgré tout, en poursuivant avec le consortium Média Cité (Busac), Radio-Canada s’attend à une proposition finale au printemps 2015 et affirme que «les besoins identifiés, les règles et les paramètres financiers entourant le projet demeurent inchangés».

La main gauche sait-elle ce que fait la main droite, à la SRC?

Vign_Remi_Racine_ws1028763422La Société Radio-Canada a annoncé, la semaine dernière, que la durée de ses bulletins de nouvelles télévisés serait réduite de moitié à Sherbrooke, Trois-Rivières, Saguenay et Rimouski, dès septembre prochain. Le bulletin de CBC Montréal écope également et passera de 90 minutes à 30 minutes.

Ces annonces n’avaient malheureusement rien de surprenant puisqu’elles étaient attendues depuis le dévoilement de la stratégie 2015-2020. Toutefois, le président du conseil d’administration, Rémi Racine, avait laissé entendre la veille, devant un comité du sénat, qu’il n’était pas question de toucher aux nouvelles locale. La main gauche sait-elle ce que fait la main droite à Radio-Canada/CBC? On peut se le demander…

L’homme qui ne veut pas mordre la main qui le nourrit

On peut aussi se demander si le président du c.a. de la SRC a vraiment à coeur les intérêts du diffuseur public, sa mission et ses acquis.

Lors de son témoignage devant le comité sénatorial des transports et des communications, Rémi Racine a fait état des difficultés budgétaires de Radio-Canada/CBC et du fait qu’il est de plus en plus difficile de faire des économies :

« Cela signifie qu’il faudra couper ailleurs, moins d’émissions canadiennes, moins d’épisodes, et plus de reprises. »

Selon lui, si les Canadiens veulent que Radio-Canada/CBC offre davantage que ce qui est prévu dans le plan 2015-2020, «…il faudra que les investissements dans la radiodiffusion publique deviennent une priorité. »

Ce n’est cependant pas lui qui va demander plus d’argent au gouvernement conservateur! Rémi Racine a en effet répondu à un sénateur que la SRC dispose d’un financement public suffisant. Il a ajouté que son mode de financement mixte est idéal, puisqu’il garde le diffuseur public sur le qui-vive. Le SCFP croit qu’un administrateur prudent et réellement indépendant du pouvoir ne miserait pas uniquement sur l’augmentation des revenus commerciaux, mais également sur une hausse du financement public.

 

Vue d’ensemble de la réduction de la durée des bulletins de nouvelles télévisés en région :

Radio-Canada :

Les bulletins suivants passent de 60 à 30 minutes :

– Est du Québec    – Saguenay   – Trois-Rivières   – Sherbrooke   – Ontario   – Manitoba   – Saskatchewan   – Alberta   – Colombie-Britannique

CBC

Les bulletins suivants passent de 90 à 60 minutes :

– Vancouver   – Winnipeg   – Toronto   – Ottawa   – Halifax   – Charlottetown   – St. John   – Nord

Les bulletins suivants passent de 90 à 30 minutes :

– Calgary   – Edmonton   – Regina   – Windsor   – Montréal   – Fredericton

@ image – Rémi Racine, président du Conseil d’administration de Radio-Canada

FERMETURE DU COSTUMIER DE RADIO-CANADA

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Cortège funèbre pour enterrer la décision d’Hubert T. Lacroix

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a souligné la triste nouvelle de la fermeture du costumier de Radio-Canada aujourd’hui, en tenant un cortège funèbre qui marque l’enterrement symbolique de cette décision odieuse d’Hubert T. Lacroix.

Quelques centaines de Radio-Canadiens se sont joints à la procession qui a débuté à la Maison de Radio-Canada, a fait un petit circuit dans le quartier, pour se terminer à l’église Saint-Pierre-Apôtre. Les portes de l’église se sont ouvertes pour accueillir le cercueil et ses cloches se sont mises à sonner en solidarité et pour marquer l’occasion.«Tous les Radio-Canadiens sont en deuil aujourd’hui, mais nous poursuivrons la lutte contre le démantèlement de cette institution. Il faut continuer à en parler, à le décrier», a expliqué Sylvie Guertin, costumière à Radio-Canada, vêtue tout de noir et entourée par ses collègues qui ont perdu leur emploi.
La grogne populaire s’intensifie contre la direction de Radio-Canada depuis les annonces de la vente de la Maison Radio-Canada, des compressions successives, de la fermeture des studios, et plus récemment, de l’abandon du plus grand costumier en Amérique du Nord.Le SCFP représente 1700 travailleurs de Radio-Canada au Québec et à Moncton dans deux sections locales: le SCFP 675 et le STARF-SCFP 5757.
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