La Maison de Radio-Canada livrée sur un plateau d’argent

Vign_Tour_MRC_ws1029319526Nous avons appris aujourd’hui qu’un seul consortium soumissionnera pour l’achat de la Maison de Radio-Canada. En effet, un autre consortium qui s’était qualifié pour le projet de partenariat public-privé (PPP) vient de se retirer. Alors que le processus de qualification avait retenu trois consortiums et que la direction de Radio-Canada avait garanti une forte concurrence, il ne reste maintenant plus qu’un seul joueur en lice.

Pendant que la direction de Radio-Canada se fait rassurante sur le fait que le consortium Partenaires du développement de la Maison (PDM) s’est retiré «sur une base volontaire, pour des motifs propres au consortium et ses membres», en réalité c’est tout le contraire. Stéphane Baillargeon dévoile dans son article du Devoir que le consortium formé autour de Broccolini Constructions a jugé que le projet de la nouvelle MRC n’était plus assez rentable à cause de la réduction de taille importante de CBC/Radio-Canada, causée principalement par les coupures de personnel et de projets.L’équipe formée autour de Broccolini Constructions juge que ce projet ne peut plus être assez rentable notamment parce que la nouvelle permanence de CBC/RC a été beaucoup réduite en taille au fur et à mesure des compressions de personnel et de besoins actuelles et projetées. […]

Le retrait de l’autre constructeur majeur est confirmé dans une lettre datée du 12 janvier, estampillée «stricly confidential» et envoyée par le vice-président principal de Broccolini à une haute gradée de Radio-Canada. «Nous regrettons de vous informer qu’étant donné la position de CBC/Radio-Canada, nous nous retirons maintenant du processus de sélection de la compétition». -écritStéphane Baillargeon dans Le Devoir.Après le retrait du consortium auquel participait SNC-Lavalin, c’est maintenant celui de Broccolini Constructions qui se retire du processus, laissant seul le consortium piloté par Busac. Cette entreprise, qui a été «au centre du fiasco de l’Îlot Voyageur de l’UQAM» selon le quotidien, n’aura donc aucune concurrence et pourra soumissionner comme bon lui semblera.

«On s’apprête à vendre la Maison de Radio-Canada à un consortium sans que celui-ci n’ait eu de concurrence! C’est un non-sens pour un service public et Radio-Canada devrait mettre un terme à tout ce processus» -a dénoncé Michel Labrie, président du STARF-SCFP 5757.

Les dirigeants de la Société Radio-Canada n’ont jamais été en mesure de démontrer, chiffres à l’appui, pourquoi ils voulaient vendre ses actifs au privé. De notre point de vue, c’est une décision idéologique qui ne fait pas de sens. Hubert T. Lacroix doit se réveiller et défendre Radio-Canada une bonne fois pour toutes !

Une des caractéristiques des PPP, c’est qu’ils limitent la concurrence. Dans ce cas-ci, elle a tout simplement été éliminée. Le processus opaque du PPP de la Maison de Radio-Canada fait craindre le pire, on estime qu’une gestion publique des actifs immobiliers de la société d’État serait l’idéal.

Malgré tout, en poursuivant avec le consortium Média Cité (Busac), Radio-Canada s’attend à une proposition finale au printemps 2015 et affirme que «les besoins identifiés, les règles et les paramètres financiers entourant le projet demeurent inchangés».